De manière générale, on entend par montage l’ensemble des parties accessoires de l’instrument : cordes, chevalet, âme, cordier, touche, sillets, chevilles et bouton. La mentonnière et l’épaulier pour les instruments hauts, la pique et le protège-parquet pour le violoncelle et la contrebasse sont des accessoires de tenue de l’instrument qui ne sont normalement pas utilisés dans la pratique de la musique ancienne.
Lors du réglage, le luthier travaille sur l’ensemble du montage dans le but d’optimiser la sonorité de l’instrument et d’adapter celle-ci aux attentes du/de la musicien.ne.
Dans ma pratique de la lutherie baroque, ou plus largement « historiquement informée », je donne une place prépondérante à la question de la période et du répertoire qui sera joué. Si le réglage fin de l’instrument use des mêmes outils qu’en lutherie moderne, le montage, quant à lui, peut prendre des formes très variées. On considère souvent le début du XIXe siècle comme un moment charnière, car c’est à ce moment que la structure des instruments a été lourdement modifiée. Mais la vision d’une évolution des instruments les classant en « avant » (baroque) et « après » (moderne) est réductrice. Leur montages évoluent au gré des innovations de la pratique musicale, les précédant parfois.
S’il il y a certainement autant de possibilités de montages que de styles musicaux, dans ma pratique de la lutherie, je tends à distinguer cinq périodes:
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- La fin de la Renaissance
- Les deux premiers tiers du XVIIe s.
- De la fin du XVIIe s. à la fin du XVIIIe s.
- Du XIXe s. jusqu’au début du XXe s.
- La période contemporaine.
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Les musiciens peuvent s’y retrouver facilement et la dialectique polyvalence-spécialisation s’invite tout naturellement dans la discussion menant à un choix de montage. Si le but premier est bien de répondre aux besoins de praticiens avertis, la démarche qui consiste à proposer un instrument propre à chaque grande période est aussi d’un grand intérêt pour les néophytes de la musique (et de la lutherie) historiquement informée(s) : l’instrument sera alors force de propositions, guidant, induisant même naturellement le musicien vers l’apprentissage d’un langage nouveau.